Être/Aîtres

ESPÈCES D’ESPACES

 

 

« J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources. De tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être incorporés, cesse d’être approprié. L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donnée, il faut que j’en fasse la conquête. » Georges Perec in Espèces d’espaces

 

En nous inspirant du texte de Georges Perec, nous invitons les participants à capter, à décrypter des bouts d’espace, ceux du dehors et du dedans, ceux de la mémoire et de l’intime, ceux d’autrefois et d’aujourd’hui. Nous les agençons de telle façon qu’ils puissent s’interpénétrer. Nous devenons, petit à petit, à l’aide de nos corps et de nos mots, des inventeurs de territoires singuliers et sans référence rationnelle.

L’atelier porte une attention particulière sur l’ensemble corps/espace/temps dans lequel chaque pas ouvre une nouvelle perspective, un nouvel environnement au sein duquel le corps, en perpétuel mouvement, est vécu différemment. Nous traversons des paysages. Nous aiguisons notre conscience pour sentir les zones de transformation, de perturbation, d’ombre et de clarté, de vide et de plein, qui nous traversent. Nous évoluons dans un espace dynamique, avec ses attirances et ses répulsions, ses contacts, ses heurts, ses fusions, ses équilibres ou ses déséquilibres.


FICTIONS

 

 

« Nous avons tous deux vies :
la vraie, celle que nous rêvions enfant et que nous continuons de rêver adulte dans un brouillard,
et la fausse, celle que nous vivons chaque jour avec nos semblables,
la vie matérielle utile,
celle qui nous mène au cercueil. »
Fernando Pessoa in Dactylographie (19 décembre 1933)

 

Ateliers portant sur le thème de la mythologie personnelle, une mythologie de tous les jours faite des craintes et des plaisirs, des pulsions, des habitudes et des rengaines. Nous plongeons dans l’étude du quotidien, de l’ordinaire, pour l’adapter à de nouvelles formulations imaginatives. Chaque participant invente et met en jeu un univers qui lui est propre, un univers qui cherche à exprimer l’humain dans sa réalité la plus intime. Si ce processus porte inévitablement un regard critique sur nos travers, il implique surtout un travail sensible et ludique sur la mémoire, les perceptions et la recherche d’identité.


IMAGO

 

 

L’image est par elle-même quelque chose de plural et d’ambigu; ce n’est ni une chose, ni un concept, mais un visible qui donne à voir un autre visible.

 

 

 

Comme le ferait un photographe avec le portrait, l’atelier Imago propose de jouer avec les multiples perspectives du corps réel et simulacre. Nous en interrogeons les représentations conventionnelles et sociales. Nous tournons en dérision les stéréotypes. Nous transformons le portrait classique et dansons un corps réinventé, aux limites de la représentation. Nous captons son reflet intérieur, miroir d’une vie intime chargée de légèreté et d’inquiétude, d’histoire et d’usure.


EMPREINTE ET MÉMOIRE

Etude des strates organiques et sensitives dans le corps, à l’intérieur des os, des muscles, sous la peau. Tandis que le corps se soulève sous l’impulsion d’une émotion, l’espace avoisinant se plie, se rehausse, s’affaisse. Empreinte et mémoire propose de suivre à la trace les mouvements « géologiques » des corps physiques et sensibles des acteurs, les oscillations des paysages imaginaires et réels, la superposition de nos mythologies à la fois intimes et universelles. Nous nous inspirons de l’écrit du philosophe et historien Georges Didi-Huberman sur le travail du sculpteur Giuseppe Penone : Être crâne, pour approcher le corps en tant  que lieu, demeure ou paysage porteur de mémoire. Nous créons petit à petit une structure articulée autour du souvenir (et par conséquent des replis, de l’empreinte, de la trace…).

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