La mastication des morts – portraits

Stage théâtre-butô dirigé par Stéphane Cheynis

ap010

d’après les textes de Patrick Kermann

 

Du 30 octobre au 01 novembre à MARSEILLE


Les morts ont le sommeil léger
Ils conspirent dans les fondations
Et ce sont leurs rêves qui nous étranglent.
Heiner Müller, Germania 3

Tous les rapports sur les mastications concordent :
les morts mâchent avec leurs dents, dans les tombeaux, avec un bruit aussi puissant que celui des porcs…
Michaël Ranft, De masticatione mortuorum in tumulis (1728)

Pourquoi n’imaginerions-nous pas, en guise de célébration de la Toussaint et du Jour des Trépassés un petit jeu théâtral mêlé de danse avec nos disparus ? un petit jeu théâtral inspiré de La mastication des morts de Patrick Kermann ? Il existe bien au Japon (au troisième jour du septième mois) le « Grand Festival des Morts » appelé Bon.

Pourquoi n’interrogerions-nous pas les os encore tendres ou déjà secs du petit monde de l’ombre ? Les morts y ressassent leurs petites histoires fragiles. Ils invectivent, râlent, avouent, mâchent, marmonnent un passé très agité qui ne trouve plus le sommeil. Nuit interdite de repos. Ils ébruitent les drames secrets, ils confient leurs joies, leurs rancœurs. Ils témoignent de la vie. Car les morts jouent dans un théâtre-miroir la vie au cours de laquelle l’homme est apparu malgré lui. Mais sitôt apparu, le voilà disparu. Seul la mémoire demeure.

Cet atelier invite les participants à exercer une sorte d’archéologie théâtrale suivant un processus inspiré de la danse butô et de l’ « Oratorio in progress » de Patrick Kermann. Il s’agira de creuser des mémoires, de tracer dans le corps et dans l’espace les portraits d’ancêtres fictifs, de fantômes, de disparus et d’absents.

 

Quelques axes de travail…

Archéologie du corps

Ces portraits physiques engageront un véritable travail corporel, un jeu de l’anatomie où il sera question d’après sa propre danse interne, de s’inventorier et de se déconstruire. Apprendre à « décomposer » son corps, son jeu, à le « défractionner », à distiller les signes en éliminant les éléments du comportement « ordinaire » pour constituer toute une panoplie de corps avec de nouveaux traits, de nouvelles allures, de nouvelles poses, de nouvelles actions… Donner à voir la transformation et saisir la mobilité de la forme.

Archéologie du texte

S’approprier, fouiller, décaper les strates des monologues cruels et drolatiques de La mastication des morts. Inscrire le langage dans un jeu de tensions et de postures corporelles sensibles. Pour que les acteurs-danseurs-fantômes puissent porter une parole faite de souffles tenus, de sons, de rythmes et d’harmonies évoquant l’allure du personnage, son genre de dynamisme d’action ou de pensée, les accords ou désaccords à l’intérieur de son psychisme.

Archéologie de l’objet

Explorer le monde des disparus, le reconstituer par une exploration de l’objet, du vêtement, de petites reliques usuelles, de ces vestiges puisés dans l’univers courant. Interpréter leurs fissures, les chocs reçus comme si on pouvait y lire à jamais les traces d’une histoire vécue.

Archéologie des lieux

Nous restituerons notre travail dans un lieu extérieur et formerons un tableau collectif où les histoires individuelles se superposeront pour former une seule et même mosaïque dans un paysage quotidien devenu paysage de la mémoire.
L’atelier intensif s’adresse aux personnes débutantes ou expérimentées exerçant une technique corporelle. Aussi aux personnes provenant d’autres disciplines artistiques avec le goût de l’expérimentation et de la recherche de nouveaux langages expressifs.

Ce diaporama nécessite JavaScript.