Kabaret selon Beckett

23-2

 

Stage dirigé par Stéphane Cheynis

 

« C’est laid et c’est superbe, c’est d’un goût outrageant et exquis, c’est incomplet comme une chose qui serait vraiment belle ! » 

Huysmans, Croquis parisiens

Kabaret selon Beckett est une proposition destinée à l’émulation artistique, à la création de courtes formes débridées, pleines de paradoxes, sans respect des poncifs. L’atelier propose de jouer et de danser dans les corps ce que les convenances poussent d’ordinaire à taire. Chercher par l’intermédiaire du Butô et du théâtre de Beckett de nouveaux modes d’expression, des espaces d’intervention, un temps de recherche pour un travail expérimental.

Nous constituerons un répertoire étrange, une revue de cabaret improbable sous le signe de la déraison ; une parade sauvage articulée sur le mode de la satire de l’humain, du désenchantement, de la parodie de notre mémoire collective, de l’exorcisme des tensions néfastes à la vie.

Nous profiterons de la  liberté qu’offre le cabaret (en tant que genre ouvert) et des Figures « empêchées » chez Beckett, pour provoquer des ruptures avec les normes, nous échapper de la morosité ambiante et bousculer nos certitudes. Nous fabriquerons progressivement une volée de corps bonimenteurs, d’êtres bigarrés et contagieux qui provoquent, qui défient, afin que les impulsions provenant de la scène pénètrent la vie.

Quelques axes de travail…

L’entraînement physique et respiratoire (corps dans l’espace et dans le temps, jeu des tensions, « tissus sonores »…) : transporter le corps dans le monde du sensible, éveiller les impulsions du dedans pour faire naître un corps organique, un acteur sur la corde raide entre jeu et danse. Provoquer un abandon, laisser émerger une troisième force non contrôlée, microscopique et génératrice d’un nouveau flux de vie.

Le corps transgressif par l’intermédiaire du Butô : inventer sa propre danse interne, s’inventorier et se déconstruire. Apprendre à « décomposer » son corps, à le « défractionner », à distiller les signes en éliminant les éléments du comportement « ordinaire » pour constituer toute une panoplie de corps tenant du cauchemar tragi-comique : corps boursouflés, tronqués, oubliés, mal dessinés, mélangés, mystérieux, impudiques, travestis, disloqués, fiévreux, fantomatiques…

Figures: une théâtralité « expressionniste »  inspirée des figures insolites, expulsées, poétiques et absurdes de l’univers de Samuel Beckett. Des créatures avec un certain regard d’ailleurs qui seraient physiquement ce qu’elles transportent en elles, qui agiraient sur nous comme un miroir de notre être profond, qui matérialiseraient les forces et la démesure que nous avons tous en chacun de nous.

Improvisations : chaque participant sera invité à structurer sa propre partition en fonction du travail d’improvisation libre ou structurée. Un montage d’ensemble s’élaborera selon les propositions de chacun.